Terry
Anderson et moi
4 décembre 1991.Il y a 26 ans ,Terry Anderson ,journaliste de l’Associated Press (AP) accrédité
au Liban a été relâché après avoir passé sept ans en captivité aux griffes de
ses ravisseurs à Beyrouth depuis le 16 mars
1985.
Cinq autres personnes ont été kidnappées à la même période par des
milices dites « jihadistes ».Un pan de l’histoire survenant suite à des événements : l’invasion israélienne
du Liban, le massacre de palestiniens des camps de Sabra et Chatila,la sortie
de l’organisation de libération de la Palestine(olp) de Beyrouth,l’assassinat
du président Jemayel et bien d’autres événements sanglants dans la région du
Moyen-Orient.
En qualité de journaliste couvrant la Tunisie pour AP ,je ne connaissais Terry qu’à travers le
fil de l’agence et sa couverture des événements dans la région. Point de
jugement ni de commentaire sur son objectivité. C’est que chez l’AP trois mots
clés guident notre démarche professionnelle :intégrité-objectivité et
équilibre. En somme, expliquer au public ce que l’on a soi même compris en le
contextualisant...
Par contre, j’ai eu
le plaisir de rencontrer à Tunis,Paris,New-york et ailleurs d’autres collègues plus ou moins sympathiques. De
mémoire :J.Ulbrich (cool),Rose (attaché à sa péniche de la Seine
parisienne),Rosenberg (calme et averti),M.Goldsmith( pointilleux),H.Dunphy(
meneur d’hommes et parfait francophone),E.Ganley( curieuse et
affective),Katsman (impulsif),P.Treuthardt (amateur d’autos),Chris,Rice et
d’autres…
Nos discussions, on l’imagine, tournaient autour de la
passion partagée pour la profession et les relations avec nos familles
respectives.
En tant que journaliste du sud( Tiers monde) rattaché au nord
(Premier monde) de par le même parcours
scolaire et éducatif qu’eux, je les enviais alors ,un tantinet, d’évoluer dans des pays fondamentalement
démocratiques et respectueux des droits de l’homme. Du moins intra-muros…
La liberté
d’expression mère de toutes les libertés
Ainsi, la nouvelle du rapt de Terry m’a bousculé. Les
risques du métier peuvent-ils un tant soit peu-atténuer l’impuissance ? Dans l’écrit « The den of lion’s » ,Terry raconte sa volonté et sa force
à maitriser son calvaire , en dépit de plus d’une année
passée dans l’obscurité du « confinement »Reste la
dénonciation.
Membre du comité des libertés au sein de l’Association des
Journalistes Tunisiens(AJT), j’ai alerté mon collègue et ami Mohamed ben Salah.
Un communiqué de condamnation du kidnapping des journalistes a été rendu
public. On y recommandait la protection des médias en zones de conflits. C’est
que la liberté d’expression constitue le
corollaire de toutes les libertés individuelles et publiques.
Aussi, n’ai-je pas tardé
d’apporter une assistance volontaire à sa sœur
Peggy Say et à son mari David lors de leur passage à Tunis dans le cadre
de leur périple inlassable en faveur de la liberté de tous les otages.Sous le drapeau US ,gravant sur tout bagage
un appel du cœur » :SET THE CAPTIVES FREE ».
Simultanément, on apprenait la nouvelle de la naissance de la petite
Sulomé Anderson.Est-ce la fille de sa femme
libanaise M.Bassir ?Que ne sais-je ? Peggy Say me parlait aussi de
Tamara ? à laquelle elle reprochait l’inertie et le manque d’engagement pour faire campagne en faveur de la libération de
son mari (…). J’avoue que ce aspect
familial demeure peu clair dans ma mémoire .Que l’on m’excuse si je heurte une sensibilité pour faille de précision.
Par ailleurs ,rien n’a filtré des contacts éventuels que Peggy et David ont eus à Tunis
par l’entremise de l’ambassade US.
Toutefois, j’ai acheminé-sans pli- à Bassam Abou Charif,
conseiller spécial du leader palestinien
Yasser Arafat une vingtaine de cartes de vœux et de soutien d’amis et de
sympathisants américains .En le priant de voir s’il y avait moyen de les faire parvenir au captif. Terry
les a –t-il reçus ?...
26 ans après des sentiments d’empathie, de
solidarité et d’espoir sont vivaces à l’endroit des hommes libres-dont les
journalistes et reporters photos- qui
se dédient pour la liberté, la vérité et la justice .Justifiant une vie,un tel
combat pourrait conduire également à sa perte et de rares fois à la miraculeuse …survie !
H.O
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