« Les enseignants sont invités à tenir compte des conceptions des élèves avant tout nouvel apprentissage. » .Bien .Telle est-à mon sens- la clé de voûte de la problématique de la didactique.
Sans minimiser le rôle assumé par les enseignants pour inculquer aux apprenants un savoir basique ;force est de constater que notre système d’apprentissage persévère sur la voie du bourrage du crane et une mémorisation désordonnée des matières ;faisant de l’élève une machine d’enregistrement - reproductrice de l’ « indigestion » qu’une entité humaine dotée d’intelligence et de sensibilité .
Pour plusieurs générations ; l’école tunisienne ne fut qu’un laboratoire d’expérimentation abstraite .Non suivie d’une expérience pratique et réelle qui suscite la curiosité - passion et l’appréciation du beau .Le système n’encourage qu’incidemment l’épanouissement de la personnalité et l’éclosion de talents .
Après le bac et poursuivant leurs études dans des universités étrangères ; des élèves tunisiens-nantis –de parents pauvres ou boursiers- n’ont pas pourtant de problème d’adaptation et finissent par dérocher en trois quatre ans des diplômes homologués et reconnus à l’international ;alors que d’autres –dans nos murs – y traînent huit ans durant !Et pour cause :la souplesse de l’environnement .
L’apprentissage ne doit pas être conçu comme une corvée dont la finalité consiste à dérocher un poste d’emploi itératif jusqu’à la retraite .Un diplôme n’a jamais fait l’homme citoyen responsable c ‘est plutôt l’inverse qui devrait se produire en reconnaissant les limites et les aptitude de chacun .
La Tunisie –à ce stade du développement a plus besoin de catégories laborieuses intermédiaires(plombiers chauffagistes- mécaniciens -techniciens ‘paramédicaux professionnels - développeurs tic- etc.…) encadrés par une superstructure universitaire décomplexée qui doit nécessairement sortir de sa « pseudo »chapelle …
Une anecdote : 1-un employé tunisien émigré se présente à un job dans une administration française .Il se targue d’une maîtrise en gestion et marketing et derrière lui 15 ans d’expérience .Et que faisiez –vous lui demande –ton . ---la validation des papiers en y apposant un cachet rond. ---Désolé monsieur cette tache s’apprend en une heure de temps -Au suivant. Notre quidam réalisa alors qu’il passa quinze ans de sa vie à exécuter un geste machinal et improductif n’ayant aucun rapport avec son diplôme .Moralité : si le système d’apprentissage primordial ne lui a pas appris auparavant à se remettre en question ; comment voulez-vous qu’il puisse un jour critiquer le même système biaisé. Une observation : 2- Etant parent d’élève ; il m’arrive d’entendre des aberrations sur le comportement gratuitement déplacé et intimidant du corps administratif ou professoral .Je n’insinue pas par là que nos élèves sont des anges polis au dessus de tout soupçon et que les enseignants doivent arriver chaque matin de bonne humeur le nez au vent en chantant. ce n’est pas le propos .La où le bat blesse est que certains d’entre eux évitent souvent la communication ou toute réflexion susceptible d’être développée par un apprenant- inspiré et en adéquation avec son environnement- et que la dite réflexion déborde dans sa forme le cadre du programme pré établi ou la subjectivité de l’enseignant .Les élèves deviennent alors réticents et perdent confiance en eux mêmes .Ils finissent par lâcher : tant pis il me file une corde je la lui mets au cou ! Et pourvu que j’obtienne une bonne note !Tout s’opère à corps défendant .
Demain il reproduira le même schéma comportemental transmis par un des espaces de la sociabilité .Médiocre pédagogie ! Pour former des têtes bien faites ; il faut certes des outils didactiques et humains appropriés ; mais encore faut –il avoir les moyens de sa stratégie .Et sans perdre également de vue la dimension ludique de l’apprentissage.
H.OFAKHRI
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