Les Hommes passent, leur souvenir demeure.
Mario Soares fait partie de grandes figures politiques dont l’histoire
de son pays et celle de toutes les démocraties
en garderont trace.
Son corps a lâché
le 7 janvier 2017 à l’âge de 92 ans.
Il était un ami de la Tunisie qu’il a visitée en sa qualité de chef de la diplomatie portugaise au debut des années 70 et celles 90
en sa qualité de président de la
République ,en réplique à une visite d’Etat qu’a effectuée du 15 au 17 février
1993 à Lisbonne l’ex - président Zine el abidine Ben Ali.
De ce voyage auquel je faisais partie en qualité de journaliste à la délégation officielle, je garde quelques momentos personnels liés à Lisbonne et à Paris.
A Lisbonne, la visite fut marquée d’un faste témoignant l’estime
du pays de la révolution des œillets à
la Tunisie (du Changement).Il faut noter que les relations entre Etats ne
sont pas personnalisées... Intéressées mais protocoliseés.
Arrivée sous une escorte de chevaux et des
honneurs (militaires) au Palais Bélem .Les deux chefs d’état ont échangé des salamaleks ,des cadeaux et des décorations.
Le soir, rendez vous au palais Ajuda . Avant de passer au grand salon pour le dîner ,on procède à la présentation des membres de la délégation tunisienne. En lui serrant
la main Soares se tourne vers Ben Ali pour lui dire en français :«
…mais, c'est l’ami de ma fille ! ».
L’ambiance du protocole solennel était quelque peu perturbée. Je profite alors pour lui demander des nouvelles d'Isabel-
qui était une amie de classe de journalisme en 1977 à Paris. Son père s’y rendait pour lui rendre visite et retrouver ses camarades socialistes et amis
qu’on croise du côté du 15 ème arrondissement où j'habitais.
Il a ajouté qu’elle avait
opté pour une mission d’enseignante à l’intérieur
du pays.
---Monsieur le président ,je vous prie de lui passer l’amicale salutation , dis-je en ouvrant la voie au suivant face à une salle comble du gotha portugais.
Le menu était composé d’un velouté d’épinards-garoupe aux légumes et un filet de bœuf….Outre un dessert traditionnel,le vin a bien coulé :un Quinta de camarate – Réserva
Frei Joao (1987) et un porto Taylor’s 20 ans d’âge.
De retour à l’hôtel Sheraton où nous résidons,Habib Ben Yahia ,ministre des affaires étrangères était curieux des détails
de ma conversation « prolongée « avec le président Portugais..
Et tandis que Abdelwahab Abdallah ,le porte parole de la Présidence
enfumait la chambre tirant sur un gros cigare, l’ambassadeur de Tunisie à Lisbonne , Slaheddine Dhrif partait sur une tirade à propos des difficultés qu’il aurait rencontrées pour chercher une résidence
et d’autres détails insignifiants. On se
croyait dans une réunion de cellule rcdiste ! Je n’ai pas pu m’empêcher
de lui faire la remarque qu’il a acceptée "diplomatiquement." La présence de son patron facilitant la vanne ...
ll était 2 h du matin .IL faut prendre un peu de repos. Le
programme du lendemain ( aujourd'hui )est bien chargé.
Ben Ali était visiblement sous informé de la question du Timor oriental,un dossier remontant à l'époque coloniale hollando-portugaise.Soares soutenait l'indépendance de Dili, située à plus de 12.000km de Lisbonne..L'artisan du changement confondait Delhi et Dili!
La présence de Ben Yahia sauva la situation...
Pour ce qui est du volet commercial,la partie portugaise s'est plainte du manque de"sérieux" des fournisseurs Tunisiens de l'huile d'olive.
En effet,voulant garder sous leur coupe le gigantesque marché du Brésil lusophone,ces fournisseurs négocient dans un premier temps avec les brokers portugais qu'ils contournent ,ensuite et traiter directement avec les importateurs du pays de la Samba..Or ,cette dance n'est pas du goût Dollarien de ces brokers..
Lors de sa visite en 1994 à Tunis le président Soares m’a
assuré – suite à sa conférence de presse
au Palais Saada à la Marsa -qu’il avait bien transmis le bonjour à sa fille Isabel.
Aux membres de sa famille iront à chaque commémoration,ma sincère sympathie.L’ homme meurt ,son œuvre demeure.
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