mardi 12 janvier 2021

Tunisie:Révolution à mi-parcours

   Tunis - A la veille de la célébration du 10 ème anniversaire de la Révolution  du 14/01,le Centre Arabe des Recherches et de l'étude des Politiques (Carep- section de Tunis)  a organisé  mardi à  l'hôtel Sheraton un colloque sous le thème: "Quelle relation entre l'État et la Société ?".

     Si les orateurs se sont accordés sur l'ancrage depuis plus de trois siècles de la notion d'État en Tunisie et de la "spécificité " de sa Révolution, ils ont relevé, toutefois l'urgence  d'une reformulation du rapport Etat-Societe à la lumière de ses objectifs , à  savoir :Liberté, dignité et Justice.

    Si le premier objectif semble atteint comme en témoigne le climat des libertés publiques et privées ( 228 partis politiques,régularité des scrutins,liberté de la presse...),les deux autres objectifs tardent à se  concrétiser.

    A propos justement des partis, Mustapha Ben Jaafar,président de l'Assemblée Constituante (2011) a remarqué que seul le quart d'entre eux dispose  d'une adresse fixe ou ayant tenu un congrès électif !*

    Il a plaidé en faveur du parachèvement  des institutions prévues dans la Constitution de 2014 et la révision du Code électoral..

   Auparavant,Mehdi Mabrouk,Chef de la section locale du Carep, paraphrasant  l'assertion "Étatisation de la société " prêtée  au sociologue Abdellatif Hermassi ,a appelé à "une socialisation de L'Etat" en impliquant la majorité des électeurs rétifs  ( plus de 60 pc du corps électoral)..

   "Face au discours populiste ambiant,il faut se rendre à l'évidence  que L'Etat ne détient pas une baguette magique pour réaliser simultanément tous les objectifs ",a-t-il soutenu.

     Pour Rached Ghannouchi, actuel président de l'Assemblée des représentants du Peuple,la Révolution  a été générée par "une relation conflictuelle " entre l'État et la Société .

   Il a estimé que la Révolution  de la liberté a été réalisée aux "moindres coûts",au détriment

du "contre-courant" et de"l'engraissement de l'Etat" ...post-révolution !

       Lui faisant écho, Rafik Abdessalem,ex-diplomate a estimé que la Révolution  connaissait "une dynamique 

du changement".Décentralisation vs Centralisation.

     A noter que Jawher Ben M'barek, constitutionnaliste  s'est absenté pour"raison familiale".Il devait discourir sur "le prestige de l'État et l'autorité du droit"...Ce thème a été développé sous une dimension  politico-historique par le Pr.Chaker Al Houki.

       Le Carep est rattaché et financé par " Doha Institute",un think tank qatari ,représenté dans plusieurs pays ( France,Etats unis  Liban..)

*ndlr:A croire que la Tunisie aura inventé la Fakecratie!

H.O


Intervention de MB Jaafar

   

     



   


      

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