LA BETE ET MOI/ 1/
Plus que mince ,ma lecture livresque sur les animaux est quasi- nulle. Jeunot se rendant au zoo, j’étais stupéfait par la
force et la grâce du lion -le regard perçant du tigre et l’élan de l’antilope.
Aussi le premier contact visuel avec l’animal se limitait -il à l’observation des
mulets , chevaux tirant péniblement des
charrettes surchargées sous un déluge de
quolibets et des coups de fouets qui s’abattent sur leur corps
dés qu’ils trébuchent.
J’étais révolté contre ce traitement ...J’ai
observé des dromadaires s’abreuvant à la rivière de l’oasis de ce que
fut le Belvédère à Tozeur (mon bled natal au sud ouest de la Tunisie )-des
chiens et des troupeaux de chèvres en
pacage dans les contrées sahariennes environnantes.
Ayant encore au bout de la langue le gout saumâtre
du lait de chamelle .A douze ans ,je consigne dans ma première dictée scolaire « Pitié pour l’animal qui
souffre mais ne parle pas ».
Un chien - impur selon la(notre) tradition -avait accompagné
ma prime jeunesse. Plus tard un voyage initiatique au pays des Brahmanes m’a
fait découvrir superficiellement la métempsychose .
En gros le corps disparaît
alors que l’âme trans-migre vers un autre corps en fonction des bienfaits que le
premier aura accompli sa vie durant. Cela
va du vertébré à l’invertébré .Or, ma
conception chimique des êtres a renforcé
une conviction organique de l’existence
tant les religions dites révélées et autres animistes m’ont paru –avec leur sens
de la fatalité- tellement absurdes..Inintelligibles ..
Si le destin objectif était pré-établi à quoi servirait un dernier
jugement pour sauver un corps de la décrépitude? L’âme est essentiellement dépourvue
d’organes …A mon sens, le destin subjectif ne parait pas établi à priori. Socialement
.Il s’accomplit dans le devenir et l’action...
L’expérience a démontré -depuis la nuit des temps- que les
hommes font le malheur d’autres hommes
par l'agressivité et /ou leur bonheur par la coexistence et le co-amour.
.A ce point l’homme s’avère
pire que la nature dévastatrice. Il semble qu’il ne se relèverait pas de sitôt... Pénible condition humaine,dans sa traversée du visible.
Pour stimuler des centres de rejet de la cruauté, est-il impératif qu’il apprenne à faire preuve d’humilité bienveillante pour s’accepter et respecter
l’existence d’autres espèces dont l’unique objectif-comparable au sien-
consiste à vivre-aimer – mourir et assurer éventuellement une descendance.?
Nos amis les bêtes
s’esquintent dans l’adversité pour assurer uniquement leur survie... Dotés d’une conscience
et d’intelligence les hommes –aspirant à l’éternité virtuelle -s'entre
tuent
pour des idéologies fallacieuses et la possession d’objets-à leur
image-périssables… (à suivre)
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