mardi 23 janvier 2018

Racisme, résidu de l’esclavage


En écartant de l’arène politique et médiatique « les ennemis de la liberté d’expression »,la Révolution 14/01 a ouvert la boite de Pandore pour retourner le couteau dans la plaie du refoulé millénaire,  et revisiter le fait identitaire ,c'est-à-dire le frottement avec l’alter égo,au quotidien.
     Rude épreuve -s’il en est- du face à soi. Rattrapée par son passé, lequel ni plus ou moins contradictoire  que sous d’autres cieux,la personnalité tunisienne raisonne sur son déraisonnable, défriche les sous entendus longtemps masqués par le vernis de la normalisation tous azimuts. 
   Unité nationale obligeait.
De nos jours, le démon individualisé des « minorités » se réveille. Dans toutes les directions d’ordre religieux, culturel, ethnique, sexuel…
La société civile s’active. Il n’est plus tabou de traiter publiquement de la liberté  de culte ou de conscience, du patrimoine berbère, du racisme ou d’afficher son orientation sexuelle.
    La société se doit être diverse. Sans adversité. En somme, tenter de réinventer une éducation de l’humanité mono génique expurgée du paternalisme de la « tolérance » et respectueuse de la dignité.Et pourtant.Alors que la Tunisie fait partie des premiers pays à avoir aboli l’esclavage il y a 172 ans( le 23 janvier  1846),un relent résiduel remonte sporadiquement à la surface.Il prend la forme « anodine » de propos désobligeants parfois d’actes agressifs. Certains incidents contre des ressortissants de pays sub-sahariens- confond au passage-  des autochtones à la peau plus bronzée  sont amplifiés par la sarabande facebookienne, à la faveur de matchs de foot (élimination de l’équipe de Tunisie de la coupe d’Afrique en 2015).
Conscientes de la résurgence du phénomène » raciste »,les autorités ont décidé de sévir .Une loi «  préventive et répressive » contre toute forme de discrimination  a  été élaborée en conformité avec les standards internationaux. A l’actif , seule la citoyenneté demeure un dénominateur commun à tous les membres de la communauté sans distinction de sexe,couleur,religion..C'est que toute atteinte à la dignité  heurte la conscience. La Tunisie doit traiter  les migrants légaux comme elle désire que les siens le soient ailleurs…Et faire un distinguo entre la question de l’afflux de migrants africains en provenance de pays voisins -encore instables -qui doit être co-examinée avec le HCR et l’OIM et celle des stagiaires et étudiants sub sahariens sur le territoire. 
     Selon des  témoignages, ces étudiants rencontrent des tracasseries kafkaïennes  pour l’obtention d’un permis de séjour ou d’insertion professionnelle. Ils sont 162 cas dans cette situation de fragilisation. .Conséquence: la chute drastique depuis 2013 du nombre d' étudiants africains qui fréquentent les établissements scolaires   du pays privé ainsi de recettes ,d’un gain humain et diplomatico-économique. 

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