Tunisie :
le dinar mania
Gouverner ne
signifie pas uniquement avoir le droit à son bordé, mais savoir gérer aussi le sociétal dans sa cohésion globale.
Initiatrice de son printemps, la révolution du 14/1 aura
permis à la Tunisie de relever le défi du pluralisme politique et médiatique.
Huit ans après, elle trébuche sur le plan socio-économique. Sans
perspective : dette, inflation galopante, chômage, corruption, évasion
fiscale, morosité et incivisme.
Relativement loti et homogène, le pays peut et doit nourrir puis épanouir sa population en majorité éduquée,
ambitieuse et innovante. Le blocage conjugué réside dans le manque d’ancrage
d’une culture éthique, l’inégalité historique dans la répartition responsable des richesses et des rôles. Outre
les eternels laissés pour compte, la classe moyenne -en voie de paupérisation- continue
de porter le fardeau fiscal et le boulet
de l’endettement des ménages ,alors que l’égotisme d’une caste bureaucratique
et mercantiliste du marché informel accumule du cash à neuf chiffres.
Aie !
« EQUITABLEMENT
REPARTI, LE FARDEAU N’EST QUE
DUVET »(proverbe
local)
La
conjoncture difficile requiert introspection et prispective. Elle impose une réflexion
positiviste et un examen de conscience sur le sens que le NOUS Tunisiens,
accorde à la patrie, à l’économie solidaire, à la convivialité et au travail honnête.
Il y a urgence avant que le pays ne s’enlise davantage dans le gouffre du
dirnarmania,le fric (et à frac) à tout prix .Quand bien même ce dernier
,associé au capital humain devrait demeurer un moyen d’entreprendre, de
produire et de consommer et non une fin
aux mains des uns laissant d’autres sur
leur faim…
Faut-il
rappeler que la génération post-independance(Bourguibienne) a déployé des efforts
pour mettre en place un Etat-nation,des écoles, des routes, de l’énergie et des
hôpitaux.
En moins
d’une génération, le clan mafieux de son successeur (Ben ali) a raflé la mise.
Celle post-révolution négocie, sept ans après , les miettes. Elle tente de
mener un combat –inégal-contre une misère matérielle patente.Et pour
cause ?
Après le semi-échec de l’islamisme politique, la
coalition gouvernementale actuelle issue des élections « ouvertes »
d’octobre 2014 cherche à calmer les esprits en augurant que 2018 sera l’année
de sortie du tunnel. Sans garanties. Composée de libéraux et d’islamistes dits
modérés, par euphémisme, cette coalition ne sert que la vision tordue des
seconds et érode la crédibilité mitigée des premiers. Le perdant n’est autre que la TUNISIE
contemporaine qui n’aspirait un e 14/01
qu’à la dignité, la liberté et la justice sociale.
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