mercredi 10 janvier 2018

Tunisie:le dinarmania

Tunisie : le dinar mania
Gouverner ne signifie pas uniquement  avoir le droit à son bordé, mais savoir gérer aussi le sociétal dans sa cohésion globale.
Initiatrice  de son printemps, la révolution du 14/1 aura permis à la Tunisie de relever le défi du pluralisme politique et médiatique. Huit ans après, elle trébuche sur le plan socio-économique. Sans perspective : dette, inflation galopante, chômage, corruption, évasion fiscale, morosité et incivisme.  
Relativement  loti et homogène, le pays peut et doit  nourrir puis  épanouir sa population en majorité éduquée, ambitieuse et innovante. Le blocage conjugué réside dans le manque d’ancrage d’une culture éthique, l’inégalité historique dans la répartition  responsable des richesses et des rôles. Outre les eternels laissés pour compte, la classe moyenne -en voie de paupérisation- continue de porter  le fardeau fiscal et le boulet de l’endettement des ménages ,alors que l’égotisme d’une caste bureaucratique et mercantiliste du marché informel accumule du cash à neuf chiffres. Aie !
« EQUITABLEMENT REPARTI, LE FARDEAU N’EST  QUE DUVET »(proverbe local)
La conjoncture difficile requiert introspection et prispective. Elle impose une réflexion positiviste et un examen de conscience sur le sens que le NOUS Tunisiens, accorde à la patrie, à l’économie solidaire, à la convivialité et au travail honnête. Il y a urgence avant que le pays ne s’enlise davantage dans le gouffre du dirnarmania,le fric (et à frac) à tout prix .Quand bien même ce dernier ,associé au capital humain devrait demeurer un moyen d’entreprendre, de produire et de consommer  et non une fin aux mains des uns  laissant d’autres sur leur faim…
Faut-il rappeler que la génération post-independance(Bourguibienne) a déployé des efforts pour mettre en place un Etat-nation,des écoles, des routes, de l’énergie et des hôpitaux.
En moins d’une génération, le clan mafieux de son successeur (Ben ali) a raflé la mise. Celle post-révolution négocie, sept ans après , les miettes. Elle tente de mener un combat –inégal-contre une misère matérielle patente.Et pour cause ?
Après le semi-échec de l’islamisme politique, la coalition gouvernementale actuelle issue des élections « ouvertes » d’octobre 2014 cherche à calmer les esprits en augurant que 2018 sera l’année de sortie du tunnel. Sans garanties. Composée de libéraux et d’islamistes dits modérés, par euphémisme, cette coalition ne sert que la vision tordue des seconds et érode la crédibilité mitigée des premiers. Le  perdant n’est autre que la TUNISIE contemporaine qui n’aspirait un e 14/01  qu’à la dignité, la  liberté et la justice sociale.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire