dimanche 5 février 2017

Nos amis les bêtes

LA  BETE ET MOI -2 
Adulte adoptant des chats , j’ai vécu en leur compagnie des moments  de satisfaction et de tristesse à leur disparition. J’ai mesuré leur sens de l’observation ,de l’orientation  ; et apprécie  leur  fidélité. Regards tranquilles. Réflexes de  la peur se mêlant à ceux du plaisir de la satiété et de la sécurité.
Le dernier qui vient de  quitter avait 10 ans .On le nomme Be-jou.Un chat  tigré de type afro-européen.Pelage soyeux. Des yeux vert olive  surplombant des vibrisses de grand seigneur.
    Déterminé dés son jeune âge il faisait à sa tête ,n’ayant rien d’un jocrisse .
    Sa stratégie pour nous amadouer –par étapes- a bien réussie.
Sa maman- Hella- aux yeux symétriques (vert et turquoise)  a eu trois nichées. De chacune on gardait un frère ou une sœur  à leur ainé. Altruiste ,il affectionnait aussi bien sa génitrice que ses petits frères et sœurs :Twiter le dandy-Pacha l’abyssin et Bianka la princesse orgueilleuse…).Avec l’âge Be-Jou donnait l’impression de l’abandon et de la lassitude. Sans feinte.
Malgré les soins prodigués-les câlins ,un terrible coryza l’a emporté. Deux jours avant son trépas il ne me quittait pas d’un pas. Dés qu’une  chaise est libérée, il s’y installait. Si je laisse trainer un de mes  vêtements  il s’en enveloppe. Des yeux cernés de noir et d’une démarche  chancelante ,il s’en gouffre toute la nuit dans sa litière.
A l’aube du  26 janvier 2017 Bianka  donne  l’alerte. Il n’est dans son habitude de cogner sur la porte et de miauler  en  discontinu. En jetant un coup d’œil ,notre petit amour de bête  était allongé comme happé par un sommeil profond. Sans respiration .Seul le pelage frémissait sous l’effet d’une brise hivernale. Son corps compact mais inerte. .Tristesse avant que son cadavre enroulé dans une étoffe à carreaux  ne soit enseveli au coin Est du jardinet. Il gît à l’ombre d’un olivier planté alors qu’il n’avait que quatre ans-une touffe de tournesol et chauffé par le soleil d’orient.
Quid de « l’âme » !sa sœur  refuse mélancoliquement  ce départ. Elle continue de s’allonger et miaule lentement  auprès de la pierre tombale. Intuitive ma femme me fait comprendre que Bianka est pleine et qu’elle transmet un message.
--Lequel ?
--Elle annonce à son frère  la postérité  avec sa première portée.
Dans la fragilité de l’instant, j’ai rétorqué qu’aucun chat ne peut  désormais  remplacer l’anthropomorphique Be-Jou !
La suite ne m'a pas donné raison.D'autres félins ont pris la relève. Non moins heureuse consolation.





Nos amis les bêtes

LA BETE ET MOI/ 1/
Plus que mince ,ma lecture livresque  sur  les animaux   est quasi- nulle. Jeunot  se rendant au zoo, j’étais stupéfait par la force et la grâce du lion -le regard perçant du tigre et l’élan de l’antilope. 
   Aussi le premier contact visuel avec l’animal se limitait -il à l’observation des mulets , chevaux  tirant péniblement des charrettes surchargées sous  un déluge de quolibets et des coups de fouets qui s’abattent sur leur corps
dés qu’ils trébuchent.
    J’étais révolté  contre  ce traitement ...J’ai  observé des dromadaires  s’abreuvant à la rivière de l’oasis de ce que fut le Belvédère à Tozeur (mon bled natal au sud ouest de la Tunisie )-des chiens  et des troupeaux de chèvres en pacage dans les contrées sahariennes environnantes. 
   Ayant  encore au bout de la langue le gout saumâtre du lait de chamelle .A douze  ans ,je consigne dans ma première dictée scolaire «  Pitié pour l’animal qui souffre mais  ne parle pas ».
Un chien   - impur selon la(notre) tradition -avait accompagné ma prime jeunesse. Plus tard un voyage initiatique au pays des Brahmanes m’a fait découvrir superficiellement la métempsychose .
    En gros le corps disparaît alors que l’âme trans-migre vers un autre corps en fonction des bienfaits que le premier  aura accompli sa vie durant. Cela va du vertébré à l’invertébré .Or, ma conception chimique des êtres a renforcé   une conviction organique de l’existence tant les religions dites révélées et autres animistes m’ont paru –avec leur sens de la fatalité- tellement absurdes..Inintelligibles ..
     Si le destin  objectif  était pré-établi à quoi servirait un dernier jugement pour sauver un corps de la décrépitude? L’âme est essentiellement dépourvue d’organes …A mon sens, le destin  subjectif ne parait pas établi à priori. Socialement .Il s’accomplit dans le devenir et l’action...
L’expérience a démontré -depuis la nuit des temps- que les hommes  font le malheur d’autres hommes par l'agressivité et /ou leur bonheur par la coexistence  et le co-amour.
.A ce point l’homme s’avère pire que la nature dévastatrice. Il semble qu’il ne se relèverait  pas de sitôt... Pénible condition humaine,dans sa traversée du visible.

Pour stimuler des centres de rejet de la cruauté,  est-il impératif qu’il apprenne à faire preuve d’humilité bienveillante pour s’accepter et respecter l’existence d’autres espèces dont l’unique objectif-comparable au sien- consiste à vivre-aimer – mourir et assurer éventuellement une descendance.? 
    Nos amis les bêtes s’esquintent dans l’adversité pour assurer uniquement leur survie... Dotés d’une conscience et d’intelligence les hommes –aspirant à l’éternité virtuelle -s'entre
tuent pour des idéologies fallacieuses et la possession d’objets-à leur image-périssables…

 (à suivre)

dimanche 29 janvier 2017

Tunisie:corps armés et droit de vote

Point de vue :

L’allusion à l’article 49 de la constitution Tunisienne est explicite  à savoir : ne pas porter atteinte à « l’essence » du droit inaliénable  d’exercice des libertés politiques et civiles. Reconnaître  le droit (une voix)de vote  (bien vote et non éligibilité   )aux corps armés ne signifie pas automatiquement une politisation partisane étriquée .Ils adhèrent –en concomitance aux autres compatriotes  -au parti sublimé de la Nation qui à la préséance  sur  celui des  partis ordinaires (politiques )dont la vocation  consiste  –dans un Etat démocratique – en la conquête alternante et  pacifique de la gouvernance  . La question de fond demeure académique et juridiquement nuancée c ‘est à dire un peu à l’instar du débat sur l’être et le paraître-le citoyen et son rôle  sociétal  .Un prof est enseignant à l’école. Il ne se comporte pas en prof en société… Tout comme un policier ou un soldat ne doivent pas confondre le statut social et les obligations découlant  du statut  professionnel.
       Toutefois la citoyenneté les unit. Le grand parti de la Nation doit englober –par consensus tacite - toutes les catégories socio-professionnelles en délimitant les devoirs et les droits responsables .En cas de menace sécuritaire  (terrorisme-agression extérieure –désordre public… ) toutes ces catégories sont alors  concernées -à divers échelons - pour défendre  (globalement) la patrie sans la pérennité de laquelle elles  n’ont pas d’autre alternative .Sauf à vendre la conscience au diable !..Il y va de la souveraineté et de la survie de tous les corps .         Aussi longtemps que l’éthique politique ambitionne de servir –sincèrement- la communauté nationale et non des desseins  particuliers ; il n’y aurait pas d’objection à ce que tous les citoyens jouissent dans la concorde  et l’engagement des droits constitutionnels.

dimanche 8 janvier 2017

Mario Soares et la Tunisie


Les Hommes passent, leur souvenir  demeure.
Mario Soares fait partie de grandes  figures politiques  dont  l’histoire de son pays et celle de toutes  les démocraties en garderont trace.
            Son corps a lâché  le 7 janvier 2017 à l’âge de 92 ans.
Il était  un ami de la Tunisie qu’il a visitée  en sa qualité de chef de la diplomatie portugaise  au debut des années 70 et  celles 90 en  sa qualité de président de la République ,en réplique à une visite d’Etat qu’a effectuée du 15 au 17 février 1993  à Lisbonne  l’ex -  président  Zine el abidine  Ben Ali.
          De ce voyage auquel  je faisais partie en qualité de journaliste  à la délégation officielle, je garde quelques momentos personnels   liés à Lisbonne et à Paris.
        A Lisbonne, la visite fut marquée d’un faste témoignant l’estime du pays de la révolution des œillets  à la Tunisie (du Changement).Il faut noter que les relations entre Etats ne sont pas personnalisées... Intéressées mais protocoliseés.
          Arrivée sous une escorte  de chevaux   et des honneurs (militaires) au Palais  Bélem .Les deux chefs d’état ont  échangé des salamaleks ,des cadeaux et des décorations.
     Le soir, rendez vous au palais  Ajuda . Avant de passer au grand salon  pour le dîner ,on procède à la présentation  des membres de la délégation tunisienne. En  lui serrant  la main   Soares se tourne  vers Ben Ali pour lui dire en français :«  …mais, c'est l’ami de ma fille ! ». L’ambiance  du protocole solennel  était quelque peu perturbée. Je profite alors pour lui demander des nouvelles d'Isabel- qui était une amie de classe de journalisme en 1977 à Paris. Son père s’y  rendait pour lui rendre visite  et retrouver ses camarades socialistes et amis qu’on croise du côté  du 15 ème arrondissement où j'habitais.
      Il a ajouté qu’elle avait  opté pour une mission d’enseignante à l’intérieur du pays.
---Monsieur le président ,je vous prie de lui passer  l’amicale salutation  , dis-je en ouvrant  la voie au suivant face  à une salle comble du gotha portugais.
         Le menu était composé d’un velouté d’épinards-garoupe aux légumes et un filet de bœuf….Outre un dessert traditionnel,le vin a  bien coulé  :un Quinta de camarate – Réserva Frei Joao (1987) et un porto Taylor’s 20 ans d’âge.
          De retour à l’hôtel Sheraton où nous résidons,Habib Ben Yahia ,ministre  des affaires étrangères était curieux des détails de ma conversation   « prolongée « avec le président Portugais..
Et tandis que Abdelwahab Abdallah ,le porte parole de la Présidence enfumait la chambre tirant  sur un gros  cigare,  l’ambassadeur de Tunisie à Lisbonne , Slaheddine Dhrif partait sur une tirade à propos des difficultés qu’il aurait  rencontrées  pour chercher   une résidence  et d’autres détails insignifiants. On se croyait dans une réunion de cellule rcdiste ! Je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire la remarque qu’il a acceptée "diplomatiquement." La  présence de son patron facilitant la vanne ...
    ll était 2 h du matin .IL faut prendre un peu de repos. Le programme du lendemain  ( aujourd'hui )est  bien chargé.
     Ben Ali était visiblement sous informé de la question du Timor oriental,un dossier remontant à l'époque coloniale hollando-portugaise.Soares soutenait l'indépendance de Dili, située à plus de 12.000km de Lisbonne..L'artisan du changement confondait Delhi et Dili!
   La présence de Ben Yahia sauva la situation...
    Pour ce qui est du volet commercial,la partie portugaise s'est plainte du manque de"sérieux" des fournisseurs Tunisiens de l'huile d'olive.
      En effet,voulant garder sous leur coupe le gigantesque marché du Brésil lusophone,ces fournisseurs négocient dans un premier temps  avec les brokers portugais qu'ils contournent ,ensuite et traiter directement avec les importateurs du pays de la Samba..Or ,cette dance n'est pas du goût Dollarien de ces brokers..


       Lors de sa visite en 1994 à Tunis le président Soares m’a assuré – suite  à sa conférence de presse au Palais Saada à la Marsa -qu’il avait bien  transmis le bonjour à  sa fille Isabel.
       Aux membres de sa famille iront à chaque  commémoration,ma  sincère  sympathie.L’ homme meurt ,son  œuvre  demeure.
 


mardi 13 décembre 2016

POLITIQUE ET JOURNALISME


Tunis. 13 décembre  2016.Il est 15 :05 mn. Sous un ciel quelque peu clairsemé engouffrée à  
l’auditorium de l’Institut français de Tunisie sis à la rue de Paris de la capitale une assistance limitée -  faute d’une lacune de communication - a suivi  la présentation de l’ouvrage  « le Bal des dézingueurs » .
 Loin d’être déçue l’assistance a pu satisfaire sa curiosité sur  ce que disent les politiciens en dehors des micros « from the horse mouth » de Laurent Bazin   co-auteur de l’ouvrage avec  sa femme Alba Ventura . » (Édition Flammarion  2016).
Journaliste et communicateur émérite,M.Bazin qui a roulé sa bosse  dans de nombreux médias français n’a pas tari d’éloges à l’égard de sa co –équipière -non présente dans la salle-  mais sans sa  complicité professionnelle le livre n’aurait pas vu le jour.
           Le bouquin  condensant  une série d’entretiens avec  les faiseurs de la politique de l’hexagone traite d’un sujet  nuancé et subtil sur le rapport entre  politique et journalisme. 
L’intervenant   a d’emblée cadré  le thème en déclarant qu’on ne peut parler de « démocratie sans  liberté de la presse ». Ceci peut  sembler évident de la part d’un professionnel mais pas pour le commun des mortels (lecteurs ou téléspectateurs) auxquels les constitutions accordent  également   le droit à la liberté d’expression. 
En contrepoint , la liberté doit rimer avec  la responsabilité  et l’éthique.
IL en découle qu’un journaliste qui se respecte doit faire la part des choses et prendre  le parti du public auquel il prétend par «  télescopage » se substituer. Tout comme  l’on s’attend à ce qu’un politicien fasse preuve de responsabilité et d’intégrité  dans l’exercice de sa mission de service public.
C ‘est grâce à ce  partage clarifié des rôles  que la machine démocratique se lubrifie.
Face  au pouvoir de l’argent  -des intérêts  et du positionnement de la ligne éditoriale(qui n’a rien d’innocent) et le devoir de servir,le journaliste est pris dans une nasse inextricable. 
Bazin en est conscient pour avoir été contraint par le passé à « s’autocensurer « sur la teneur d’un entretien -entre fromage et dessert -avec  l’ex  président N. Sarkozy ou à fermer momentanément son blog perso. Mais après trente ans  de métier sa langue peut se délier .Dans l’humilité. Sans jugement. Il  se libère   en faisant preuve de courage et de lucidité. Il y va de sa crédibilité de démiurge socratique alors que tout  journaliste   professionnel se croit investi d’une mission civique et éthique.
 Il renvoie  à l’éphémère de l’actualité continue et  à l’égo  plus continu des  élus  pour gouverner une nation dont le miroir réfléchissant demeure indéniablement le journal-la radio ou la tv auxquels  s’ajoute la déferlante du web.
       Derrière  ses supports  indispensables à la marche transparente  de toute société  des hommes et de femmes des médias  se démènent  pour que d’autres femmes et hommes impliqués dans d’autres tâches soient informés et élevés au rang de l’autonomie de la citoyenneté et franchis de la servitude du sujet.
Le reste relève de la baliverne, tant il est vrai que chaque fois qu’ils sont coincés, certains  politiciens en mal d’inspiration jettent le dévolu sur les médias selon la rodée  et non moins fumeuse  théorie  du bourreau- de la victime et  du bouc émissaire… Même  si les avis restent partagés , le premier commis de l’Etat  et de la 5 ème République  Française  (  François Hollande ) a osé faire  preuve dans ses  ultimes confessions- de spontanéité  et du bon  sens .C'est  à l'honneur de la Vérité..

                                                                     Photo et texte   /   H. Ofakhri

jeudi 14 janvier 2016

TUNISIE : AN 5 DE LA REVOLUTION

14 Janvier  2016 : aujourd’hui le peuple tunisien célèbre  le 5 ème anniversaire de sa révolution  contre l’arbitraire  déclenchant ce qu’on appelle prosaïquement « le printemps arabe » qui tarde –par ailleurs - à fleurir.
        Un sentiment mitigé semble marquer l’événement  qui a permis à ce pays de se débarrasser  du joug oppressif et prédateur qui pesait sur lui deux décennies durant  par le fait de l’usurpation de l’Etat et de ses rouages  ainsi que des pans de l’économie nationale au profit de la famille  mafieuse des Ben Ali. 
       Entre  la sécurité dans la servitude et la misère dans la dignité le peuple a fait son choix. En attendant une meilleure visibilité  des horizons…
       Le legs de la dictature se fait encore sentir et les profiteurs de l’ancien régime ne lâchent pas du lest accentuant le malaise social  (chômage des jeunes-détérioration du pouvoir d’achat ,déséquilibre régional et attrait de l’extrémisme religieux…).Avec  une liberté d’expression arrachée, les Tunisiens croient en leur pays et à son génie innovant. La société civile demande des comptes aux politiques  et ne se décourage point ; en dépit de velléités  d’intimidation et des sollicitations  intéressées .La société bouge dans une dynamique « conflictuelle » avec l’Etat , appelé à assumer son rôle dans le respect du droit et des  objectifs de la révolution  (liberté-égalité et justice).
      Si  d’aucuns  se morfondent dans l’ amertume nostalgique ,la grande majorité  -optimiste -engage  un pari gagnant sur la Tunisie  sachant que  celui-ci  ne pourra être  remporté  que par davantage de confiance en soi et du travail honnêtement rétribué..