FESTIN JERIDIEN
Au centre du vaste patio, siègent les femmes
Grand-mère, cousine, tante et la voisine Quiétude
Pour la soirée, elles ont préparé de quoi se lécher les
babines
La grosse grand-mère toujours drapée de son voile bleu-ciel
Aux vagues du vent, la robe noire de la cousine devient
bouffante alvéole
De petite taille, la tante range sa chevelure hennée
L’espiègle cousine égrène les anecdotes sur la belle mère, rires dans l’air
Toutes accroupies autour de la circulaire table d’antan
Au décor frugal : boule fusée dattière, sauce d’abricot
et poivron aigre
Y trône un récipient d’eau rempli
Des losanges de chair grillée, poisson séché, seiche et
caille
A chacune son tour de rouler et de s’envoyer un fusée au
chanvre indien propulsé
Suivi d’une gorgée de fraîche
en cas de pépin survenu
Des doigts aux bouches
les losanges circulent
Alors que la marmaille chahute réclamant sa part de la boustifaille
Que les chats soutirent de leurs petites mains
Faisant le gué, les poules picotent des miettes du pain
Echappées, par mégarde de la bouche de Quiétude fillette
La symphonie s’accélère dans la cacophonie
Cadencée par la bouffe, boisson, brouhaha et autres
cris d’animaux
Le rideau du régal-gala ne tombe qu’à la nuit venue
Rassasiées, les femmes en douceur se séparent
Qui sait d’autres fusées plus charnelles les attend au sommeil
Mercredi prochain. Une autre retrouvaille du festin jéridien ....
PS : Jerid : (Région des palmiers). Henné (feuille
d’une plante servant à la coloration capillaire).
Poème non daté et
offert en manuscrit en Arabe par le poète au traducteur.
© Habib OFAKHRI
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