mercredi 9 mai 2018

Tozeur,princesse de l'oubli


                 Prosopopée

           A Tozeur, mes ancêtres venaient  d’Ethiopie.De cette Libye, un des  ces trois continents sans lubies. Des hommes libres  emportés par un  vent méridional   vers la senteur jujubier .Je me  reconnais dans les traits de vos traits burinés.
         Une figurine de l’enfant d'Addis me ramène aux fiers   troglodytes .Ils cultivaient une palmeraie verdoyante et nourricière .De la paix, ils jouissaient. Vivaient de  la chasse et s’enivraient -le coucher  venu- sous sa chandelle lunaire, ils se lovaient.
         A l’avènement des  conquêtes euphémiques des religions,des hordes ont envahi la terre pourchassant  ses hommes et ... ses sauterelles . 
       Les Guitons ( habitants du premier noyau  de la cité ) par le sabre ,des "Arabes" les auraient  islamisés. Ironie. Ils  délivrent  un message. Les hommes libres ont-ils besoin d’un message ,fut-il  sacré !?
        Friable ,la muraille d’El Guitna s’efface mais résiste à la souvenance mémorielle..
      Des années s’écoulent ,ce message  nous l’avons adopté .En contre partie du Paradis promis,nous avons perdu la sereine palmeraie. A présent, ils possèdent la terre .Quant à nous ,on se contente d’un déversement de versets et d’une kyrielle de muezins  à  assommer –cinq fois par jour- de leur appel –par multi- méga phone interposés.Tampons fragilisés...Réconfort: A El Guitna, , quartier à l'enceinte démolie ,aucun minaret  depuis  14 siècles n'a été érigé!
          De leurs minarets de plus en plus nombreux, ils n’annoncent  que les décès  et point de naissance de bébés dans l’étreinte  conçus, ni la célébration des amours réunies…. Dieu, a –t-il besoin de tant de clameurs -décibels pour être entendu. ?      Quant bien même ,le silence du Sahara limpide  et le ciel profond - étoilé sont  là pour l'interpeller et communier...
       Tozeur, princesse nomade,je te dois le  respect. A la mesure de ta dignité.Avec la force de l’âge je te dois également   la vérité. Dans tes prunelles j’ai puisé la quintessence de  la beauté et sur tes versants sablonneux, je m’étais assoupi.
  A présent ,je te plaints. Sans dérobade, suis à plaindre aussi...Entre nous, même le barrage romain ne sert plus de gué.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire