Aprés avoir longuement parlé et consacré son temps aux autres, n'est il pas venu le temps de parler -un peu-de soi et d’être en quelque sorte " le journaliste de lui même" .IL ne s'agit pas d'un égocentrisme ou d'une prétention de détenir une science infuse mais plutôt une remise en question continue et un essai pour démystifier une profession souvent "mystifiante"; à l'ère de la société spectacle où tous les protagonistes jouent aux clowns..
mercredi 12 avril 2017
mardi 14 février 2017
UMA : Le patient Maghrébin et son double
UMA : Le patient Maghrébin et son double
Advienne que pourra…Le
17 février 1989 naquit à la cité
ocre de Marrakech l’Union du Maghreb Arabe ( UMA).Déjà 28 ans.Dans la mémoire collective
, le regroupement annonce une promesse
de guérison du patient maghrébin alité
depuis la fin des épopées de la libération nationale.
Premier couac : le cliché souvenir capté à la naissance est éloquent.
Posture verticale, d’une énième
tentative de rassemblement vertical des dirigeants de cinq pays de l’époque
-évaporés - pour cause d’aléas humains. Débuta alors une course d’obstacles.
Le premier : chaque pays a emprunté la voie exclusive de la souveraineté en lorgnant sur le territoire du voisin…Seule la Tunisie de Bourguiba a opté -désintéressée et pragmatique- à la construction institutionnelle et infrastructurelle .Au pays d’Ibn Khaldoun on sait que l’ancêtre de l’union européenne (UA) a démarré en évitant l’écueil du charbon et de l’acier ayant défigurés de villes et bourgs et noircis autant de visages durant des guerres fratricides .
Le premier : chaque pays a emprunté la voie exclusive de la souveraineté en lorgnant sur le territoire du voisin…Seule la Tunisie de Bourguiba a opté -désintéressée et pragmatique- à la construction institutionnelle et infrastructurelle .Au pays d’Ibn Khaldoun on sait que l’ancêtre de l’union européenne (UA) a démarré en évitant l’écueil du charbon et de l’acier ayant défigurés de villes et bourgs et noircis autant de visages durant des guerres fratricides .
Qu’eut été l’Uma si
l’acte d’ouverture était lancé sur une communauté
des phosphates et du pétrole entre Tunis-Alger et Rabat ( version Traité de
Rome).Et qu’auraient été les régimes politiques si les tenants du pouvoir
civile et militaire s’étaient placés
sur l’orbite du pluralisme et du
respect des droits humains auxquels ils ont souscrit lors de leur
reconnaissance par la communauté internationale. ? Trêve d’imagination.
Le deuxième : certains pays se sont lancés dans une
propagande verbeuse :Maghreb des peuples( sans leur permettre le
choix référendaire ) .Maghreb des Etats(
alors que les chefs ont lamentablement
échoué à aplanir les différends et
encore moins les défis du développement ).
Le troisième : la question du Sahara occidental revendiqué manu militari par le Maroc, en dépit du droit historique et
juridique du peuple sahrawi à
l’autodétermination et à l’indépendance.
Les manœuvres dilatoires et les pseudo-ententes ajoutent une couche générant une triple retombée.
A-L’autoritarisme et
le manque d’ouverture démocratique des régimes en place .Une inflexibilité qui a conduit
au printemps arabe et son lot
d’épines qu’une moisson de roses.
B-L’intrusion en apparence ambigüe mais productive de l’union européenne .Elle déniche
dans
le paradoxe d’une union –désunie une opportunité. Sémantique l’ambiguïté de l’UA ...D’une part, elle
demande –l’impossible- en voulant traiter avec une entité homogène. De l’autre,
elle exclut Tripoli et Nouakchott du
processus de Barcelone et de la chimérique
Union pour la méditerranée .Puis
les intègre –dans sa géo- stratégie-aux dialogues 5+5.Le statuquo semble favoriser
l’externalisation et l’avantage
comparatif des intérêts. Délocaliser l’entreprise pour relocaliser le produit.
Plutôt chouette le capitalisme …à visage humain.
C-Positive : l’élaboration d’accords et de conventions cadre intermaghrébins sur le
commerce, les services et la sécurité. Une version adaptée de l’accord latino américain de Montevideo (février 1960).
SOUS LES PIEDS, DU SABLE MOUVANT
L’actuelle conjoncture requiert une nouvelle approche.
Toutes les parties saisissent que la
mondialisation rampante implique que
la méditerranée appartienne à l’ensemble des peuples riverains et - par
confluence -d’ailleurs. La matrice du monde
est affrontée aux défis de l’insécurité,
du développement inégal, du terrorisme, du chômage, de l’émigration, de la
pauvreté, et de l’exclusion …
Coté Nord :
faudrait-il s’attendre à un réel sursaut stratégique pour relever solidairement
les défis ?
Coté Sud : va –t- on persister dans l’antienne du « complot extérieur
« , quand bien même des défaillances
logent dans la myopie d’une vision intérieure .Tout repli identitaire la rétrécit
autant qu’il réduit la
perspective de « l’édification « … maghrébine ou afro-européenne .Aveuglantes et
éblouissantes, seules la vérité (spirituelle ) et la réalité(matérielle )
demeurent ré-vo-lu-tio-nnaires .
Les prédécesseurs pionniers du projet de l’Uma auront vécu
sans lui conférer un contenu. Les
générations flouées
postindépendance ont hérité une coquille
vide tandis que celles Face-bookées surfent
sur une virtuelle Arlésienne .
Toutefois, cette Uma
en faveur de la quelle plaident les fondamentaux objectifs reste tangible sur de segments subjectifs .Au
delà des logomachies politicantes ,les
individualités maghrébo-nomades(
voyageurs-étudiants-commerçants …) s’y sentent dans leur élément naturel et culturel en parcourant cette région septentrionale d’Afrique. Si la noblesse saharienne incruste
la pureté, la volonté doit tendre vers l’action porteuse d’espoir et de perspectives. Avec des
potentialités plus ou moins égales, les
contrées du conseil de coopération du golfe ( ccg )ont réalisé en 10 ans,
ce que les 5 pays de l’Uma ont été incapables d’entreprendre en 30 ans. !
Le soleil doit –il inexorablement se
lever de l’Est. Et si le vent suit le
mouvement qui protégera le patient
maghrébin du sable mouvant ?
(H.O)
mercredi 8 février 2017
« KITSH 2011 »: Grandeur et déchéance de l’Homme
Si vous n’avez pas lu
« la trilogie (out- Balthazar) d’Alexandrie
« de Lawrence Durrell, « la
Plaisanterie » de Milan Kundera, « Belle du Seigneur » d’Albert
Cohen ou « l’Automne de la colère »de Mohamed H. Haykel ,
rassurez-vous. Le roman « Kitsh 2011» de l’écrivain
–et activiste politique ,Safi Said les condense en un opuscule (monumental)
.
N’ayant rien d’exotique -dans l’autre sens- les personnages
sont familiers tellement leurs
caractères collent à l’espace méditerranéen, berceau des religions révélées et de la démocratie. ..
Deux
thématiques autour desquelles s’articulent l’actualité du présent, le devenir de la région et l’avenir de la fragile
planète.
Dans un style arabe fluide et doux -amer ,« Kitsh 2011» est un cri iconoclaste lancé à l’interface du « printemps tunisien » et par
extension arabe.
Il renvoie les élites politiques et culturelles à leur miroir brisé par la bêtise et la schizophrénie
ambiante. Des révolutions orphelines qui sombrent dans les magouilles de proto-politiciens
prisonniers de l’ego surdimensionné et des manitous de la globalisation financière
mus par la nouvelle économie et ses mantras de la démocratie et les droits hommistes.
Face à la déferlante des islamistes fermés à tout dialogue et manipulés par le
néo-empire pétro-dollarien et la géo-stratégie, seuls la paix, l’amour,
l’éthique et l’art peuvent –semble-il - sauver les personnages. Subjectivement.
Ceux-ci règlent –trop tard- leur compte
avec eux-mêmes. Ils réalisent que les chrétiens
de l’occident dominateur-à présent - les
ont devancés pour avoir conquis la
liberté d’expression par la réformation
plaçant Dieu à sa place : le
ciel .
Leur foi dans le cœur. Sans haine ni surenchère.
Repointe –toutefois- du
nez un judaïsme exclusiviste .Et dire que tous les juifs-chrétiens et musulmans oublient qu'ils descendent du même patriarche (sémite) :Abraham,Père d'une humanité qui se dit monothéiste ...
De par leur fragilité, les personnages arrivent à tirer leur épingle d’un
jeu d’échec -dont ils ne détiennent pas les ficelles – pour éviter de ne pas
sombrer dans la déraison et la lâcheté
généralisées. Autant que Cléa de
Durrell ,l’auteur transcende la solitude
pour en faire carrément un ultime refuge.
Critique et hédoniste, Il les accompagne dans leurs errements..
Son troisième œil
impitoyable les observe en contrepoint. Ils ne se rencontrent que pour
se séparer, ne s’aiment éperdument que pour se projeter dans le fantasme. Mais la
conjoncture macabre finit toujours par les rattraper. Insaisissable, l’ici et
maintenant renvoie à l’ailleurs et au passé qui hantent, par ricochet, le
présent préfigurant l’avenir. Mais
lequel ? Et si la révolution n’était qu’involution, la fiction se
substituerait à la réalité. Marx est
mort .Dieu aux abonnés absents… Mais vigilance : ne jeter pas le bébé avec
l’eau de bain même si de nos jours, elle parait trouble !
Captivant, ce roman à double entrée (contexte et méta-
texte) ne se rangera pas de sitôt .S’il était traduit dans d’autres
langues ainsi que la vingtaine d’ouvrages
de prospective, de relations internationales et de romans dus à sa plume,
l’écrivain Tunisien pourrait
prétendre au mérite d'une nomination au prix Nobel de la littérature !
(c)oh
KITSH 2O11 – Roman de Safi Said
522 pages.Prix :25.700DT
Editions :sotumédias2016 TN
dimanche 5 février 2017
Nos amis les bêtes
LA BETE ET MOI -2
Adulte adoptant des chats , j’ai vécu en leur compagnie
des moments de satisfaction et de
tristesse à leur disparition. J’ai mesuré leur sens de l’observation ,de l’orientation
; et apprécie leur fidélité. Regards tranquilles. Réflexes
de la peur se mêlant à ceux du plaisir
de la satiété et de la sécurité.
Le dernier qui vient de quitter avait 10 ans .On le nomme Be-jou.Un
chat tigré de type afro-européen.Pelage soyeux.
Des yeux vert olive surplombant des
vibrisses de grand seigneur.
Déterminé dés son jeune âge il faisait à sa tête ,n’ayant
rien d’un jocrisse .
Sa stratégie pour nous amadouer –par étapes- a bien réussie.
Sa maman- Hella- aux yeux symétriques (vert et turquoise) a eu trois nichées. De chacune on gardait un
frère ou une sœur à leur ainé. Altruiste ,il affectionnait aussi bien sa génitrice que ses petits frères et sœurs :Twiter
le dandy-Pacha l’abyssin et Bianka la princesse orgueilleuse…).Avec l’âge
Be-Jou donnait l’impression de l’abandon et de la lassitude. Sans feinte.
Malgré les soins prodigués-les câlins ,un terrible
coryza l’a emporté. Deux jours avant son trépas il ne me quittait pas d’un pas.
Dés qu’une chaise est libérée, il s’y installait.
Si je laisse trainer un de mes vêtements il s’en enveloppe. Des yeux cernés de noir et
d’une démarche chancelante ,il s’en
gouffre toute la nuit dans sa litière.
A l’aube du 26
janvier 2017 Bianka donne l’alerte. Il n’est dans son habitude de cogner
sur la porte et de miauler en discontinu. En jetant un coup d’œil ,notre
petit amour de bête était allongé comme
happé par un sommeil profond. Sans respiration .Seul le pelage frémissait sous
l’effet d’une brise hivernale. Son corps compact mais inerte. .Tristesse avant
que son cadavre enroulé dans une étoffe à carreaux ne soit enseveli au coin Est du jardinet. Il
gît à l’ombre d’un olivier planté alors qu’il n’avait que quatre ans-une touffe
de tournesol et chauffé par le soleil d’orient.
Quid de « l’âme » !sa sœur refuse mélancoliquement ce départ. Elle continue de s’allonger et
miaule lentement auprès de la pierre
tombale. Intuitive ma femme me fait comprendre que Bianka est pleine et qu’elle
transmet un message.
--Lequel ?
--Elle annonce à son frère la postérité avec sa première portée.
Dans la fragilité de l’instant, j’ai rétorqué qu’aucun chat ne peut désormais remplacer l’anthropomorphique Be-Jou !
La suite ne m'a pas donné raison.D'autres félins ont pris la relève. Non moins heureuse consolation.
Nos amis les bêtes
LA BETE ET MOI/ 1/
Plus que mince ,ma lecture livresque sur les animaux est quasi- nulle. Jeunot se rendant au zoo, j’étais stupéfait par la
force et la grâce du lion -le regard perçant du tigre et l’élan de l’antilope.
Aussi le premier contact visuel avec l’animal se limitait -il à l’observation des
mulets , chevaux tirant péniblement des
charrettes surchargées sous un déluge de
quolibets et des coups de fouets qui s’abattent sur leur corps
dés qu’ils trébuchent.
J’étais révolté contre ce traitement ...J’ai
observé des dromadaires s’abreuvant à la rivière de l’oasis de ce que
fut le Belvédère à Tozeur (mon bled natal au sud ouest de la Tunisie )-des
chiens et des troupeaux de chèvres en
pacage dans les contrées sahariennes environnantes.
Ayant encore au bout de la langue le gout saumâtre
du lait de chamelle .A douze ans ,je consigne dans ma première dictée scolaire « Pitié pour l’animal qui
souffre mais ne parle pas ».
Un chien - impur selon la(notre) tradition -avait accompagné
ma prime jeunesse. Plus tard un voyage initiatique au pays des Brahmanes m’a
fait découvrir superficiellement la métempsychose .
En gros le corps disparaît
alors que l’âme trans-migre vers un autre corps en fonction des bienfaits que le
premier aura accompli sa vie durant. Cela
va du vertébré à l’invertébré .Or, ma
conception chimique des êtres a renforcé
une conviction organique de l’existence
tant les religions dites révélées et autres animistes m’ont paru –avec leur sens
de la fatalité- tellement absurdes..Inintelligibles ..
Si le destin objectif était pré-établi à quoi servirait un dernier
jugement pour sauver un corps de la décrépitude? L’âme est essentiellement dépourvue
d’organes …A mon sens, le destin subjectif ne parait pas établi à priori. Socialement
.Il s’accomplit dans le devenir et l’action...
L’expérience a démontré -depuis la nuit des temps- que les
hommes font le malheur d’autres hommes
par l'agressivité et /ou leur bonheur par la coexistence et le co-amour.
.A ce point l’homme s’avère
pire que la nature dévastatrice. Il semble qu’il ne se relèverait pas de sitôt... Pénible condition humaine,dans sa traversée du visible.
Pour stimuler des centres de rejet de la cruauté, est-il impératif qu’il apprenne à faire preuve d’humilité bienveillante pour s’accepter et respecter
l’existence d’autres espèces dont l’unique objectif-comparable au sien-
consiste à vivre-aimer – mourir et assurer éventuellement une descendance.?
Nos amis les bêtes
s’esquintent dans l’adversité pour assurer uniquement leur survie... Dotés d’une conscience
et d’intelligence les hommes –aspirant à l’éternité virtuelle -s'entre
tuent
pour des idéologies fallacieuses et la possession d’objets-à leur
image-périssables… (à suivre)
dimanche 29 janvier 2017
Tunisie:corps armés et droit de vote
Point de vue :
L’allusion à l’article 49 de la constitution Tunisienne est explicite à savoir : ne pas porter atteinte à « l’essence » du droit inaliénable d’exercice des libertés politiques et civiles. Reconnaître le droit (une voix)de vote (bien vote et non éligibilité )aux corps armés ne signifie pas automatiquement une politisation partisane étriquée .Ils adhèrent –en concomitance aux autres compatriotes -au parti sublimé de la Nation qui à la préséance sur celui des partis ordinaires (politiques )dont la vocation consiste –dans un Etat démocratique – en la conquête alternante et pacifique de la gouvernance . La question de fond demeure académique et juridiquement nuancée c ‘est à dire un peu à l’instar du débat sur l’être et le paraître-le citoyen et son rôle sociétal .Un prof est enseignant à l’école. Il ne se comporte pas en prof en société… Tout comme un policier ou un soldat ne doivent pas confondre le statut social et les obligations découlant du statut professionnel.
Toutefois la citoyenneté les unit. Le grand parti de la Nation doit englober –par consensus tacite - toutes les catégories socio-professionnelles en délimitant les devoirs et les droits responsables .En cas de menace sécuritaire (terrorisme-agression extérieure –désordre public… ) toutes ces catégories sont alors concernées -à divers échelons - pour défendre (globalement) la patrie sans la pérennité de laquelle elles n’ont pas d’autre alternative .Sauf à vendre la conscience au diable !..Il y va de la souveraineté et de la survie de tous les corps . Aussi longtemps que l’éthique politique ambitionne de servir –sincèrement- la communauté nationale et non des desseins particuliers ; il n’y aurait pas d’objection à ce que tous les citoyens jouissent dans la concorde et l’engagement des droits constitutionnels.
L’allusion à l’article 49 de la constitution Tunisienne est explicite à savoir : ne pas porter atteinte à « l’essence » du droit inaliénable d’exercice des libertés politiques et civiles. Reconnaître le droit (une voix)de vote (bien vote et non éligibilité )aux corps armés ne signifie pas automatiquement une politisation partisane étriquée .Ils adhèrent –en concomitance aux autres compatriotes -au parti sublimé de la Nation qui à la préséance sur celui des partis ordinaires (politiques )dont la vocation consiste –dans un Etat démocratique – en la conquête alternante et pacifique de la gouvernance . La question de fond demeure académique et juridiquement nuancée c ‘est à dire un peu à l’instar du débat sur l’être et le paraître-le citoyen et son rôle sociétal .Un prof est enseignant à l’école. Il ne se comporte pas en prof en société… Tout comme un policier ou un soldat ne doivent pas confondre le statut social et les obligations découlant du statut professionnel.
Toutefois la citoyenneté les unit. Le grand parti de la Nation doit englober –par consensus tacite - toutes les catégories socio-professionnelles en délimitant les devoirs et les droits responsables .En cas de menace sécuritaire (terrorisme-agression extérieure –désordre public… ) toutes ces catégories sont alors concernées -à divers échelons - pour défendre (globalement) la patrie sans la pérennité de laquelle elles n’ont pas d’autre alternative .Sauf à vendre la conscience au diable !..Il y va de la souveraineté et de la survie de tous les corps . Aussi longtemps que l’éthique politique ambitionne de servir –sincèrement- la communauté nationale et non des desseins particuliers ; il n’y aurait pas d’objection à ce que tous les citoyens jouissent dans la concorde et l’engagement des droits constitutionnels.
dimanche 8 janvier 2017
Mario Soares et la Tunisie
Les Hommes passent, leur souvenir demeure.
Mario Soares fait partie de grandes figures politiques dont l’histoire
de son pays et celle de toutes les démocraties
en garderont trace.
Son corps a lâché
le 7 janvier 2017 à l’âge de 92 ans.
Il était un ami de la Tunisie qu’il a visitée en sa qualité de chef de la diplomatie portugaise au debut des années 70 et celles 90
en sa qualité de président de la
République ,en réplique à une visite d’Etat qu’a effectuée du 15 au 17 février
1993 à Lisbonne l’ex - président Zine el abidine Ben Ali.
De ce voyage auquel je faisais partie en qualité de journaliste à la délégation officielle, je garde quelques momentos personnels liés à Lisbonne et à Paris.
A Lisbonne, la visite fut marquée d’un faste témoignant l’estime
du pays de la révolution des œillets à
la Tunisie (du Changement).Il faut noter que les relations entre Etats ne
sont pas personnalisées... Intéressées mais protocoliseés.
Arrivée sous une escorte de chevaux et des
honneurs (militaires) au Palais Bélem .Les deux chefs d’état ont échangé des salamaleks ,des cadeaux et des décorations.
Le soir, rendez vous au palais Ajuda . Avant de passer au grand salon pour le dîner ,on procède à la présentation des membres de la délégation tunisienne. En lui serrant
la main Soares se tourne vers Ben Ali pour lui dire en français :«
…mais, c'est l’ami de ma fille ! ».
L’ambiance du protocole solennel était quelque peu perturbée. Je profite alors pour lui demander des nouvelles d'Isabel-
qui était une amie de classe de journalisme en 1977 à Paris. Son père s’y rendait pour lui rendre visite et retrouver ses camarades socialistes et amis
qu’on croise du côté du 15 ème arrondissement où j'habitais.
Il a ajouté qu’elle avait
opté pour une mission d’enseignante à l’intérieur
du pays.
---Monsieur le président ,je vous prie de lui passer l’amicale salutation , dis-je en ouvrant la voie au suivant face à une salle comble du gotha portugais.
Le menu était composé d’un velouté d’épinards-garoupe aux légumes et un filet de bœuf….Outre un dessert traditionnel,le vin a bien coulé :un Quinta de camarate – Réserva
Frei Joao (1987) et un porto Taylor’s 20 ans d’âge.
De retour à l’hôtel Sheraton où nous résidons,Habib Ben Yahia ,ministre des affaires étrangères était curieux des détails
de ma conversation « prolongée « avec le président Portugais..
Et tandis que Abdelwahab Abdallah ,le porte parole de la Présidence
enfumait la chambre tirant sur un gros cigare, l’ambassadeur de Tunisie à Lisbonne , Slaheddine Dhrif partait sur une tirade à propos des difficultés qu’il aurait rencontrées pour chercher une résidence
et d’autres détails insignifiants. On se
croyait dans une réunion de cellule rcdiste ! Je n’ai pas pu m’empêcher
de lui faire la remarque qu’il a acceptée "diplomatiquement." La présence de son patron facilitant la vanne ...
ll était 2 h du matin .IL faut prendre un peu de repos. Le
programme du lendemain ( aujourd'hui )est bien chargé.
Ben Ali était visiblement sous informé de la question du Timor oriental,un dossier remontant à l'époque coloniale hollando-portugaise.Soares soutenait l'indépendance de Dili, située à plus de 12.000km de Lisbonne..L'artisan du changement confondait Delhi et Dili!
La présence de Ben Yahia sauva la situation...
Pour ce qui est du volet commercial,la partie portugaise s'est plainte du manque de"sérieux" des fournisseurs Tunisiens de l'huile d'olive.
En effet,voulant garder sous leur coupe le gigantesque marché du Brésil lusophone,ces fournisseurs négocient dans un premier temps avec les brokers portugais qu'ils contournent ,ensuite et traiter directement avec les importateurs du pays de la Samba..Or ,cette dance n'est pas du goût Dollarien de ces brokers..
Lors de sa visite en 1994 à Tunis le président Soares m’a
assuré – suite à sa conférence de presse
au Palais Saada à la Marsa -qu’il avait bien transmis le bonjour à sa fille Isabel.
Aux membres de sa famille iront à chaque commémoration,ma sincère sympathie.L’ homme meurt ,son œuvre demeure.
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