vendredi 6 février 2015

JULIEN CLERC ,FRANCE GALL ET MOI

Tranche de vie

L’existence  humaine ne dure que l’âge des regards croisés .Autant que la vie , elle ne dure pas toute la Vie .Dans l’intervalle, elle offre  toutefois des moments de  rencontres chargés  d’émotion et  de déception aussi. Ainsi roule le train du quotidien. Parmi  celles  qui ne s’effacent pas facilement de la mémoire, une particulièrement entre autres  dont le souvenir  a été –par hasard- ravivé. 
C’est aujourd’hui l’hier d’aujourd’hui. Dans les années 71, une rencontre m’a réuni  avec  deux  futurs artistes exceptionnels : Julien Clerc et  France Gall .J’étais encore lycéen  qui trimait –durant ses vacances  - en tant qu’intermittent du tourisme  dans un établissement   à Nefta-dans la région de Tozeur à la  porte du désert du sud ouest Tunisien.
       Manière  autonome pour faire  un peu du galtouse et de contribuer aux frais de ma scolarité. Comme un grand.
Les deux tourtereaux étaient beaux comme sortis du Parthénon : une cariatide   d’ une élancée devanture  et un  Apollon urf .
     D’une extrême douceur  et d’une mondanité bien  parisienne. Mama mia !côtoyer  un prince et une princesse adulés au  « royaume  de Salut les Copains »(un Mag d’ados) est  un privilège  inouï pour un jeune accompagnateur  bien  fier de sa «  bédouinité ».
          Lors de la découverte  de la région, un  courant  de sympathie est  passé entre nous .En toute sincérité et désintéressement.
La première visite devait nous conduire au lac salé du Chott el Djérid , une mer dite morte mais en fait plus vivante  que jamais portant les traces du légendaire Dieu Triton  et une immensité infinie .Devant  cette immensité  sans horizon ,France Gall  respire à fond et pousse  un cri « Dieu  s’exclame t-elle ,quel sentiment de liberté m’envahie ! ».
   Avec un  minois gracieux ,  elle ouvre largement ses bras et fait des pas en avant comme pour embrasser tout le cosmos  en face d’elle. Dans l' élan d’un Roméo parachuté, Julien ouvre autant  ses  bras se dirige vers elle et l’accueille d’une étreinte. Ce n’était pas un mirage .La scène  s’est figée dans ma pellicule mémorielle. Dirait-on l’affiche du film «  Autant en emporte  le vent « ! A l’époque, ils étaient mes ainés de cinq piges. Mais que de délicatesse  et de pudeur derrière eux !
En rentrant à l’hôtel, Julien me propose une partie de Ping pong .Enjeu : le perdant doit  payer un Verre .De mon coté,  je propose que le gagnant fasse une bise à France. Jalmince. Peut –être.
--Ah non ! dit Julien  chaque bise équivaut  à un chameau !
--Laisse  tomber France , rétorquais-je .Le parigot  n’a pas encore roulé sa bosse. IL confond chameau et dromadaire. La partie s’est terminée à égalité .Pas de dromadaire en trophée ni de bise méritée .
     C’est nib de nib sauf que durant la soirée  nous avons eu droit à plus d’un coup de sens unique ( vin rouge). Nous avons dansé  tard  sur un rythme yé yé endiablé .Julien ,m’a donné l’impression de  danser comme on danse dans la brousse africaine .Ses mouvements  s’apparentent  à des formes géométriques rappelant la voltige d’un aigle (brisé). La lumière  de la piste tournoyait autour du sourire éclatant de sa campagne portant un jeans moulu ,de couleur bleu marine.
Après leur départ, je retenais  l’image d’un couple  frais et heureux. Est-ce l’effet saharien ou un  sentiment  de la plénitude de la liberté ! 
Plus tard, j’apprends qu’ils se sont quittés .France a reconstruit autrement son vie .Et  Julien aussi. « Et la vie sépare ceux  qui s’aiment sans faire de bruit « (  Y .Montand).Autant qu’en biologie , tout couple est cata clique …Nous n’avons pas pris de photo souvenir , étant moi-même  alors dans les vapes  et sur les traces  de Paul Géraldy. ».Le souvenir est poète n’en fait pas un historien »(dixit « Toi et Moi » ).Julien a tenu à signer  l’autographe : « Pour Habib –Ami . »
Au recto,  une liste de ses disques  en vinyle 45 tours gravés  chez « Emi et Pathé ».Plus de quarante ans plus tard, ma fille  tombe  sur   la carte dans une pile de bouquins abandonnés .Elle a ressuscité  un   joli souvenir  d’une belle et éphémère compagnie  lors d’une   journée printanière de  mon bled  chéri.
      Un peu plus tard,étudiant   à Paris,j’ai assisté –in cognito-en 1978 à un concert que donnait  Julien  à la salle des champs Elysées .A l’air «  laisse tomber les filles «  semblait répliquer  un  écho  « Fais  moi une place « …
Oh , Panam ! je n’oublie pas également  le sentiment de liberté  et de plénitude dont  tu m’as imprégné. !Et des amours, faut-il aussi  que  je m’en souvienne ?...

(c)ho

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