Michel Polnareff et Moi
C’est toujours à Nefta , au sud ouest Tunisien. Et le chanteur Michel Polnaneff avait déjà sorti des tubes tels « love me ,please love » ,« on ira tous au paradis » et constitué son fans club. Voix douce et pianiste –guitariste accompli.En 1973 , il débarque dans ce bout du monde pour se ressourcer. D’autres icônes avant et après lui y ont pris leur bain de jouvence et des tempos de détachement Pour mémoire, on citerait Simone de Beauvoir, Jean Villars, Brigitte Bardot,Louis de Funès, Zefferilli ....et bien d’autres politiques (Bourguiba,Kikonen, Edgar Faure ,Couve de Murville ...) etc..
Avoir l’opportunité de côtoyer ces personnages en chair et en os relève plutôt du privilège, alors que tant d’autres adolescents et adultes de mon âge ( à peine vingt printemps) en rêvaient ..
Mieux, n’étant pas sous pression du star système, ils étaient à leur aise et bien décontractés.
A rappeler qu’à cette époque il n’y avait pas d’aéroport dans la région.Ces personnalités se tapaient plus de 500 km en voiture pour rejoindre les paisibles palmeraies du sud mitoyens d’ un désert de sable et de sel. Au no man’s land...A la recherche de l’insolite et/oude l’authentique.
Michel était accompagné d’une blonde plantureuse : une incarnation d’Athéna dont l’unique armure ne sont autres que ses bijoux de famille.La semaine passée au mythique « Sahara palace » était un faridon non stop.Portant des lunettes noires (sa griffe)aux contours blancs , une chemisette à fleurs et un fendard bariolé, un Mich pas du tout du genre dégonflant .
Il était plein de malice et de curiosité.
Nos tribulations nous ont mené au Sahara et dans les oasis de montagne de Chebika et de Tamerza.Une occasion pour bavarder sur un ouvrage de J.Duvignaud et la rencontre avec des villageois cités dans le bouquin . L'auteur du"Chat Sauvage"et sociologue a romancé les caractères .Mais bon ..pour la sociologie culturelle..
Nos tribulations nous ont mené au Sahara et dans les oasis de montagne de Chebika et de Tamerza.Une occasion pour bavarder sur un ouvrage de J.Duvignaud et la rencontre avec des villageois cités dans le bouquin . L'auteur du"Chat Sauvage"et sociologue a romancé les caractères .Mais bon ..pour la sociologie culturelle..
Nous avons rencontré la vieille dame qui « pissait debout » et les révoltés du système coopératif et déconstructif de la société oasienne ancestrale. Face à l’immensité et la clarté du paysage ,j’espérais que Michel allait ôter ses lunettes noires m’offrant discrètement cette « exclusivité ».Que dalle . !
Sa dulcinée passait ses journées à se prélasser en tenue d’Eve au soleil sur la terrasse de la chambre en s’adonnant parfois à la mandoline (à en croire une indiscrédition voyeuriste).Il faut dire que rien que les rayons solaires y prêtent à la chatouillasse…En abordant le sujet avec Michel, il nie (par ignorance) admettant ,toutefois, qu’elle était portée sur le ripolinage du candélabre( caresse buccale).Bof ! C’est leur affaire et d’ailleurs de quoi je me mêle si l’ami n’avait pas l’esprit ouvert et sympa...
Michel voulait ensuite se rendre à Tozeur parce que je lui avais parlé la veille de l’existence dans mon bled natal , d’un petit coin- jardin dénommé « le paradis » et d’un devin reconnu par son don de la chiromancie.
--Eh Habib , ce soir on ira au paradis, lance – t-il
--Vois-tu Michel , je ne fais pas partie de la communauté promise à l’Eden , mais nous avons un problème .
--Lequel ?
--La voiture.
C’est qu’à l’époque il n’y avait pas d’agence de location et les deux véhicules de l’hôtel sont montés sur Tunis pour « un transfert »de clients .Tout Nefta comptait au total quatre ou cinq tacots .Le barman a du nous louer une 404 Peugeot que son frangin éboueur a rapatrié de France et qu’il n’a pas pu ramener parce que tombée en panne . Réparée ensuite et demeurée sans suite..
24 kms sépare Tozeur de Nefta.Affaire conclue ,mais il nous faut un chauffeur ? Sans avoir de permis sur lui Michel prend le volant et ajuste ses lunettes noires alors que je m’attendais ce qu’il allait les enlever pour me les confier et que je puisse bénéficier du sccop !C’est raté .A ce moment un plan a germé dans ma tête .Nous avons fait les 24 K dans une franche joie chantant à haute voix et ironisant sur tout…Peut être ,étions nous un peu éméchés ou exaltés par le sentiment de liberté que seul l’espace saharien fantasque offre aux esprits dont le sérieux relève du frivole.
Première étape : visite du devin :SI Ammar , un personnage pieux ne parlant que l’arabe et l’hébreu. Je servais de traducteur. C’était le moment propice pour mettre à exécution le plan.
---Michel ,s’il te plait avant de tendre la main du cœur à Monsieur, enlèves tes lunettes.
Il applique calmement les « instructions » ,à la lettre .Dés lors, une autosatisfaction m’emplit.Enfin!..
On lui prédit de bonnes nouvelles sur le plan sentimental et de moins bonnes sur le plan financier. Plus tard ,Michel me demande directement si je croyais personnellement au don divinatoire.
---Non, pour moi c’est de la salade, mais je respecte le sentiment de ceux qui y croient.
Deuxième étape : visite du fameux Paradis. Pas de saints ni de putains et encore moins des assassins ....Tour du jardin où poussent quelques espèces florales et des palmiers dont les palmes dessinent sous les reflets de la lune des lettres et des formes indéchiffrables. Pas de boisson alcoolisée non plus. Le patron des lieux Si Amor propose un sirop de grenadine qu’il jure fabriquer sur les lieux. Avant de payer la note, Michel se ressaisit :
-»Sur les lieux », dit -il, je veux visiter l’atelier.
Visiblement embarrassé, le maître des céans avance l’excuse de la non possession de la clé ... Clin d’œil complice .On règle et quittons les lieux.Tous les touristes se font arnaquer d’une manière ou d’une autre…Retour sur réflexion.
---Pourquoi ne crois-tu aux forces supra-naturelles des devins, interroge Michel, sur la route du retour.
- C’est simple ami. Ici , dans mon bled circulent tellement de légendes à faire dormir debout.
--C'est à-dire…
---Dans cet espace évoluent des hommes libres. Sans frontières . Physiques et mentales. Ils n’ont jamais entendu parler de censure. Leur récit est puisé à la source de deux horizons parallèles qui se confondent et divergent en même temps. Un espace d’allégorie du désert d’éther et du ciel diaphane. D’ailleurs, les grandes fumisteries sont nées dans les régions arides. Un Moise traversant par baguette magique la mer , un Christ ressuscité marchant sur l’eau( mirage) et un Mahomet transporté en éclair ailé au 7 ème ciel...
---Tu délires, je ne comprends pas ,explique toi.
---Tiens , l’an dernier s’était déroulée -in situ -une édition de Miss Europe.Des dizaines de naïades ont débarqué dans la région. La légende dit que celle qui prend un bain dans les eaux de la source jaillissant du Belvédère à Tozeur retrouve sa virginité. Tintin !toutes les filles se sont ruées à l’eau !Vos magazines people ont publié des photos de ces belles filles en maillot de bain avec en arrière fond des palmiers verdoyants et de l’eau ruisselante.
---Et alors ?
---Alors , c’est bonnement du bluff pour permettre aux organisateurs de ce concours de beauté de marketer une nouvelle marque de string et de maillots de bain.Point barre.
---Et le bluff dans tout ça ?
--Plutôt la réalité …J’ai eu une aventure physique avec une de ces miss et elle n’était pas vierge pour autant…
---Sacré garçon , toi!
---Sacré artiste ! Fais attention à la route..
Retour à Nefta.Sa nana était pointée à la réception .Nénés en relief , à l’opposée de la poupée de cire, elle ne fait pas "non …non"...
---Bonne nuit et n’attrapez pas des mouches !
---A demain et merci mille .
A leur départ, j’ai remis à Michel Polnareff les manuscrits de deux ou trois poèmes que m’inspiraient la nuit et la solitude d’un adolescent .Elles ne sauraient être remplies que par la présence féminine complice et sans être docile.
© ho
Sa dulcinée passait ses journées à se prélasser en tenue d’Eve au soleil sur la terrasse de la chambre en s’adonnant parfois à la mandoline (à en croire une indiscrédition voyeuriste).Il faut dire que rien que les rayons solaires y prêtent à la chatouillasse…En abordant le sujet avec Michel, il nie (par ignorance) admettant ,toutefois, qu’elle était portée sur le ripolinage du candélabre( caresse buccale).Bof ! C’est leur affaire et d’ailleurs de quoi je me mêle si l’ami n’avait pas l’esprit ouvert et sympa...
Michel voulait ensuite se rendre à Tozeur parce que je lui avais parlé la veille de l’existence dans mon bled natal , d’un petit coin- jardin dénommé « le paradis » et d’un devin reconnu par son don de la chiromancie.
--Eh Habib , ce soir on ira au paradis, lance – t-il
--Vois-tu Michel , je ne fais pas partie de la communauté promise à l’Eden , mais nous avons un problème .
--Lequel ?
--La voiture.
C’est qu’à l’époque il n’y avait pas d’agence de location et les deux véhicules de l’hôtel sont montés sur Tunis pour « un transfert »de clients .Tout Nefta comptait au total quatre ou cinq tacots .Le barman a du nous louer une 404 Peugeot que son frangin éboueur a rapatrié de France et qu’il n’a pas pu ramener parce que tombée en panne . Réparée ensuite et demeurée sans suite..
24 kms sépare Tozeur de Nefta.Affaire conclue ,mais il nous faut un chauffeur ? Sans avoir de permis sur lui Michel prend le volant et ajuste ses lunettes noires alors que je m’attendais ce qu’il allait les enlever pour me les confier et que je puisse bénéficier du sccop !C’est raté .A ce moment un plan a germé dans ma tête .Nous avons fait les 24 K dans une franche joie chantant à haute voix et ironisant sur tout…Peut être ,étions nous un peu éméchés ou exaltés par le sentiment de liberté que seul l’espace saharien fantasque offre aux esprits dont le sérieux relève du frivole.
Première étape : visite du devin :SI Ammar , un personnage pieux ne parlant que l’arabe et l’hébreu. Je servais de traducteur. C’était le moment propice pour mettre à exécution le plan.
---Michel ,s’il te plait avant de tendre la main du cœur à Monsieur, enlèves tes lunettes.
Il applique calmement les « instructions » ,à la lettre .Dés lors, une autosatisfaction m’emplit.Enfin!..
On lui prédit de bonnes nouvelles sur le plan sentimental et de moins bonnes sur le plan financier. Plus tard ,Michel me demande directement si je croyais personnellement au don divinatoire.
---Non, pour moi c’est de la salade, mais je respecte le sentiment de ceux qui y croient.
Deuxième étape : visite du fameux Paradis. Pas de saints ni de putains et encore moins des assassins ....Tour du jardin où poussent quelques espèces florales et des palmiers dont les palmes dessinent sous les reflets de la lune des lettres et des formes indéchiffrables. Pas de boisson alcoolisée non plus. Le patron des lieux Si Amor propose un sirop de grenadine qu’il jure fabriquer sur les lieux. Avant de payer la note, Michel se ressaisit :
Visiblement embarrassé, le maître des céans avance l’excuse de la non possession de la clé ... Clin d’œil complice .On règle et quittons les lieux.Tous les touristes se font arnaquer d’une manière ou d’une autre…Retour sur réflexion.
---Pourquoi ne crois-tu aux forces supra-naturelles des devins, interroge Michel, sur la route du retour.
---Dans cet espace évoluent des hommes libres. Sans frontières . Physiques et mentales. Ils n’ont jamais entendu parler de censure. Leur récit est puisé à la source de deux horizons parallèles qui se confondent et divergent en même temps. Un espace d’allégorie du désert d’éther et du ciel diaphane. D’ailleurs, les grandes fumisteries sont nées dans les régions arides. Un Moise traversant par baguette magique la mer , un Christ ressuscité marchant sur l’eau( mirage) et un Mahomet transporté en éclair ailé au 7 ème ciel...
---Tu délires, je ne comprends pas ,explique toi.
---Tiens , l’an dernier s’était déroulée -in situ -une édition de Miss Europe.Des dizaines de naïades ont débarqué dans la région. La légende dit que celle qui prend un bain dans les eaux de la source jaillissant du Belvédère à Tozeur retrouve sa virginité. Tintin !toutes les filles se sont ruées à l’eau !Vos magazines people ont publié des photos de ces belles filles en maillot de bain avec en arrière fond des palmiers verdoyants et de l’eau ruisselante.
---Et alors ?
---Alors , c’est bonnement du bluff pour permettre aux organisateurs de ce concours de beauté de marketer une nouvelle marque de string et de maillots de bain.Point barre.
---Et le bluff dans tout ça ?
--Plutôt la réalité …J’ai eu une aventure physique avec une de ces miss et elle n’était pas vierge pour autant…
---Sacré garçon , toi!
---Sacré artiste ! Fais attention à la route..
Retour à Nefta.Sa nana était pointée à la réception .Nénés en relief , à l’opposée de la poupée de cire, elle ne fait pas "non …non"...
---Bonne nuit et n’attrapez pas des mouches !
---A demain et merci mille .
A leur départ, j’ai remis à Michel Polnareff les manuscrits de deux ou trois poèmes que m’inspiraient la nuit et la solitude d’un adolescent .Elles ne sauraient être remplies que par la présence féminine complice et sans être docile.
© ho
p.s
Plus tard ,j'écoutais son tube"Le désert n'est plus en Afrique ".Mais qui était "ho"
?
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